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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /Déc /2009 00:14


Article du samedi 29 novembre 2008

«Si un fonctionnaire désobéit, c’est que c’est grave»

Maître formateur et professeur des écoles, le Stéphanois Jean-Marc Hostachy a été convoqué hier soir à l’inspection d’académie, parce qu’«en conscience», il «refuse d’obéir» aux réformes

«Programmes réactionnaires, non, non, non. Solidarité avec Jean-Marc Hostachy, aucune sanction, aucune répression.»  Ils sont une centaine à scander ce slogan, hier à partir de 18 heures, sous les fenêtres de l’inspection d’académie, rue des Dr-Charcot à Saint-Étienne. Ces instituteurs et enseignants dans le secondaire bravent le froid pour soutenir leur collègue, Jean-Marc Hostachy, convoqué dans le bureau de Michel Petit, l’inspecteur d’académie adjoint.

Professeur des écoles à l’école maternelle Gounod dans le quartier stéphanois de Montreynaud, Jean-Marc Hostachy refuse d’appliquer les nouveaux programmes scolaires de 2008, «trop mécaniques, trop rétrogrades». Lui enseigne ceux de 2002. Les deux heures de soutien personnalisées, il s’interdit aussi d’y participer, estimant ce dispositif vain pour résoudre «la difficulté scolaire persistante et durable», préférant une multiplication des postes d’enseignants des Réseau d’aide spécialisé aux élèves (Rased). Et ça, cet instituteur de 42 ans l’a écrit, le 15 novembre, à l’inspection d’académie. Si « un fonctionnaire désobéit, c’est que c’est grave. Je ne le fais pas de gaîté de cœur» reconnaît-t-il. Une démarche isolée dans la Loire, mais pas dans toute la France. Une dizaine de professeurs des écoles a ainsi envoyé des courriers à leur hiérarchie pour manifester leurs désaccords vis-à-vis d’une réforme qu’ils estiment constituer «un véritable recul». Seront-ils sanctionnés? Comment? A la sortie de son entretien d’une heure, Jean-Marc Hostachy n’est pas fixé. « Si l’entretien s’est révélé cordial, la lettre ne peut pas rester sans sanction. Et elle sera clairement effective sur mon statut de maître formateur»  annonce-t-il à ses collègues silencieux. Il dispose de huit jours de réflexion pour revenir sur ses écrits. Mais Jean-Marc Hostachy est catégorique : il ne touchera pas un mot. «Cette lettre est destinée à fédérer mes collègues. La balle est dans leur camp et celle des parents».   Jean-Marc Hostachy ne souhaite pas que l'attention se focalise sur lui. « Il n’y a bien que l’acte qui soit individuel à ce jour, à ce jour seulement, car d’autres me suivront pour porter plus collectivement cette parole sensibilisant un peu plus les parents sur cette déconstruction programmée de notre école.» Chacun professeur des écoles est donc clairement invité à adresser un courrier à l’inspection d’académie par Sud-Education Loire notamment. Le SNUIPP 42, le syndicat majoritaire dans l’éducation, privilégie la signature d’une pétition.

Véronique Miot
vmiot@leprogre
s.fr

Publié dans : DESOBEISSEURS
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