Article du jeudi 8 janvier 2009
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L’Inspection d’Académie reçoit trente lettres de désobéissance
Sur les 3643 professeurs des écoles que compte le département, 31 ont fait savoir, hier, à l’Inspection d’académie de la Loire qu’ils
refuseraient d’appliquer les programmes.
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Ils persistent et signent. Une trentaine de professeurs des écoles ligériens ont choisi la désobéissance, consignant par écrit leur refus d’appliquer les réformes du ministère de l’Éducation Nationale. Hier, trente et une lettres, semblables à celle écrite en novembre dernier par Jean-Marc Hostachy, enseignant à l’école Gounot (Saint-Étienne), ont été remises à l’Inspection d’académie de la Loire. Une objection de conscience appuyée, puisque 1600 signatures ont par ailleurs été déposées en soutien à l’action de l’instituteur stéphanois. «De très nombreux professeurs des écoles approuvent cet acte, même s’ils ne sont pas près eux-mêmes à l’accomplir, confie Valérie Atif, secrétaire générale Loire du syndicat enseignant SNUipp. La lettre de désobéissance, c’est un gros engagement. L’action ne peut-être qu’individuelle car le collègue s’expose à des sanctions». Pourquoi prendre ce risque ? «Parce que toutes les réformes qu’on nous impose vont dans un sens opposé à la conception que j’ai de l’Éducation et de mon métier, explique Jérôme Vecten, professeur des écoles à Lorette et auteur d’un des courriers. Les nouveaux programmes font disparaître l’apprentissage du savoir-être ensemble. Il ne s’agit plus que de dispenser des notions ponctuelles à l’enfant. Et puis il y a l’aide personnalisée qu’on nous demande d’assurer et qui sert, en fait, d’alibi à la disparition des Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté». «C’est un ensemble de choses qui font qu’à force d’avoir notre conscience dans nos chaussettes, nous avons choisi d’agir, renchérit Odon Koller, directeur d’une école à Rive-de-Gier. En maternelle, il n’y a plus rien dans les programmes. On a l’impression que le ministre est en train d’anticiper la disparition de cette section». L’intéressé sait que son implication peut lui coûter cher. «En tant que fonctionnaire, on nous demande d’être disciplinés, avoue-t-il. Je suis conscient de m’exposer à des sanctions. Cela m’empêche de dormir mais c’est nécessaire». Premier à avoir expédié sa lettre dans la Loire, Jean-Marc Hostachy refuse d’être considéré comme «l’instigateur» du mouvement. «Je défends une cause, celle de l’école, confie-t-il. On nous demande de former des imbéciles. Quand on est enseignant, on ne peut pas l’accepter. Ce qui me pousse est plus important que ma peur de la sanction. Ce qui compte c’est ce qui va se passer maintenant dans le sillage de toutes ces lettres». Convoqué une première fois en novembre, le professeur des écoles et maître formateur attend aujourd’hui un hypothétique retour de bâton. «On m’avait dit que je ne serais plus maître formateur. C’est encore le cas à l’heure actuelle. Mais j’ai l’impression que ça s’accélère». Jean-Marc Hostachy sera inspecté vendredi. Lætitia Cohendet |