Partager l'article ! La lettre des désobéisseurs à DARCOS dans le Monde: Ecole : les "désobéisseurs pédagogiques" interpellent Xavier Darcos LEMONDE.FR | 26.01.09 | ...
ls n'étaient qu'une poignée début novembre, ils sont aujourd'hui près de 2 000
professeurs des écoles à entrer officiellement en "résistance pédagogique" contre les réformes du ministère de l'éducation nationale, voire "plusieurs dizaines de milliers" à être
en désobéissance "officieusement", précise Alain Refalo, professeur des écoles à Colomiers (Haute-Garonne), l'un des meneurs de cette fronde inédite au sein de l'éducation
nationale.
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Le mouvement a débuté le 6 novembre 2008 avec une lettre ouverte rédigée par Alain Refalo à travers laquelle il avait informé son inspecteur de circonscription qu'il entrait en désobéissance pédagogique et refusait d'appliquer les réformes du ministre de l'éducation nationale. Lundi 26 janvier, ils étaient officiellement 1 937 dans trente départements différents, à avoir signé une lettre individuelle ou collective qui matérialise cet engagement.
"Nous espérons vous convaincre qu'il est temps d'écouter et de prendre en considération l'opinion des enseignants et de réviser d'urgence votre politique pour l'école", expliquent les professeurs des écoles. Selon eux, "ce dispositif d'aide personnalisée est totalement illégitime sur le plan structurel, inefficace sur le plan pédagogique et désastreux pour l'avenir de l'école", car il "commercialise" l'école. Sa présentation, son organisation différente d'une école à l'autre, introduit l'idée dans l'opinion générale que l'école devient un supermarché où le client (ici les parents d'élèves) est roi. Les parents sont alors abusés, et certains qui ne connaissent légitimement pas cet univers scolaire complexe risquent de se comporter en véritables consommateurs déclinant leur souhait au gré de leurs envies ou humeur".
Face à cette mobilisation, Xavier Darcos estimait dans Le Figaro la semaine dernière qu'"on parle beaucoup de la centaine d'enseignants militants qui agissent par pure idéologie et pas assez des 380 000 professeurs des écoles qui font leur travail avec un grand dévouement. Quand un professeur refuse d'aider ses élèves, il rompt la confiance que la nation place dans l'école".
Et lors de sa conférence de presse le 22 janvier, le ministre avait enfoncé le clou. "Toute la réforme de l'école primaire consiste à sortir de l'anonymat ces élèves en difficulté qui venaient grossir chaque année les statistiques de l'échec scolaire, pour leur proposer les solutions les plus adaptées, qu'il s'agisse des deux heures d'aide individualisée par semaine, ou encore des stages de remise à niveau en français et en mathématiques offerts durant les congés scolaires aux élèves de CM1 et de CM2. Là encore, je voudrais dire qu'il est parfaitement insupportable à tout esprit républicain qu'on prétende priver d'aide scolaire des élèves qui en ont besoin et qui y ont droit."
"Notre volonté n'est pas de priver les élèves de toute aide. Au contraire, nous souhaitons les aider mais en rendant cohérents les dispositifs d'aide avec les projets éducatifs mis en place dans chaque école", défend Alain Refalo.
Au-delà de la réaction du ministre de l'éducation nationale, les autorités académiques commencent à sanctionner les enseignants récalcitrants. Ainsi, Alain Refalo s'est vu signifier, la semaine dernière, un retrait de salaire de deux journées par semaine pour refuser d'appliquer les deux heures hebdomadaires de soutien aux élèves en difficulté. Une sanction qu'avaient déjà subie une douzaine de ses collègues fin décembre. Mais la sanction aide à populariser cette cause, selon Alain Refalo : "La mobilisation devrait s'en trouver renforcée."