ci-dessous reportage de France trois sur les classes multiages
Monsieur L’Inspecteur d’Académie
Par ce nouveau courrier, je sollicite d'être reçu seul ou avec l'équipe pédagogique pour vous exposer l'état d'avancée de notre projet de classes multi-âges ainsi que nos inquiétudes pour sa poursuite.
C’est inspiré de l'expérience de Sylvain Connac que nous avons élaboré ce projet alors que nous travaillions sur le projet d'école 2009/2013. Ce projet a été avalisé par vos services, M Thomas nous ayant même fixé un engagement moral de trois ans.
Le premier obstacle que nous avons dû franchir pour sa mise en œuvre a été de faire adhérer les deux nouvelles collègues mutées dans notre école à la rentrée de septembre 2010. Nous avons eu la chance d'accueillir deux enseignantes très ouvertes et prêtes à s'investir dans un travail d'équipe exigeant.
Notre projet au-delà des effets attendus au niveau des élèves, nous a contraint/permis un travail d'équipe approfondi. L'expérience commune partagée nous a permis, petit à petit, de construire une prise en charge des élèves de plus en plus adaptée à notre nouvelle modalité de fonctionnement. Il reste toutefois encore de nombreuses questions en suspens ou sans réponse.
Pour la rentrée prochaine, notre équipe risque d'être disloquée trois des cinq enseignants sont contraints de participer au mouvement sans garantie d’être nommés sur notre école.
Cette perspective soulève deux questions importantes :
Le travail commun investi dans ce projet par l'équipe pédagogique a permis à chacun d'entre nous de progresser. L'arrivée de nouveaux collègues nécessitera à nouveau de renégocier, reconstruire et donc de pratiquement repartir de zéro.
D'autre part et chose plus redoutable, maintenant que le projet est engagé, il risque d'être menacé dans son existence. En effet, il est loin d'être certain que les prochains collègues nommés sur notre école soient prêts à s'engager dans un projet de classe multi-âges.
Le risque d’être contraint d’abandonner ce projet ne peut pas être évincé. Une telle perspective serait irrespectueuse de nos élèves et incompréhensible pour les parents qui ne comprendraient pas un tel revirement après tous les discours que nous avons tenus pour les rassurer sur la nouvelle organisation.
C’est donc une question extrêmement sensible au sein de la communauté éducative. Les réticences de certains parents exprimées en début d’année ont aujourd’hui complètement disparu.
Ce dernier paramètre n’est pas des moindres et peut engendrer une nouvelle situation de crise sur l’école.
Notre demande est de pouvoir conserver l'équipe pédagogique à l’identique au regard du projet spécifique mis en œuvre.
J'espère qu'il vous sera possible de nous recevoir au plus tôt, nous avons encore nombre d’arguments à vous exposer.
En cette attente, Monsieur l'inspecteur d'académie, nous nous tenons à votre disposition pour tous renseignements complémentaires et comptons pouvoir rapidement être reçu.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, nos salutations respectueuses et de compter sur notre engagement plein et entier au service de la réussite de nos élèves.
Le directeur de l’école
Yves Scanu
LETTRE OUVERTE
A L‘INSPE
Nous réclamons le droit d'innover
Sylvie Davier, Jean-Marc Hostachy, Nadine Pradel, Ghislaine Vigouroux, Yves Scanu
Ecole maternelle d’application Ch. Gounod, Saint-Etienne
Depuis maintenant quinze ans, l’équipe enseignante de l’école maternelle Gounod, située dans un quartier de la périphérie stéphanoise classé réseau ambition réussite, dont les élèves sont principalement issus des milieux populaires, travaille de manière collaborative. Cette collaboration a sans nul doute favorisé, sous l’impulsion de deux IEN, le passage en école d’application tou
CTEUR D’ACADEMIE DE LA LOIRE
jours avec la même équipe. Forte de cette expérience, consciente de ses forces mais aussi de ses faiblesses, l’équipe fait le choix de prendre de nouvelles orientations pédagogiques.
Mai 2010, l’équipe, déjà mobilisée depuis plusieurs mois sur le nouveau projet d'école, inspirée par les travaux des mouvements pédagogiques (ICEM Freinet, GFEN et notamment Sylvain Connac qui a initié une telle expérience dans le quartier de la Paillade à Montpellier), décide de répartir les élèves en classe multi-âges.
Ainsi à la rentrée de septembre 2010, quatre classes multi-âges fonctionnent. L'axe principal du projet est de transformer le climat des classes en misant sur la coopération entre élèves. Les deux nouvelles enseignantes qui rejoignent l’équipe en place adhèrent pleinement au projet.
Sa mise en œuvre a nécessité une restructuration complète du fonctionnement, tant sur le plan pédagogique que sur le plan matériel. Les temps de concertations pour construire, réguler et harmoniser le travail dans les quatre classes ont été fortement accrus, nécessitant un investissement fort de chaque membre de l’équipe. Un effort considérable d’information des familles a été nécessaire pour les convaincre de la pertinence du projet. Monsieur l'Inspecteur d'Académie a validé le projet en exigeant un engagement moral de trois ans considérant qu’un tel projet devait, pour en mesurer les réels effets, durer le temps de la scolarité à l’école maternelle, ce qui implique pour nous la nécessaire stabilité de l’équipe de l’équipe sur ces 3 ans. Nous avons bien évidemment accepté.
Février 2011. Bien avant les opérations de mouvement, l’équipe interpelle donc Monsieur l’Inspecteur d’Académie pour lui rappeler cette nécessité et lui réclamer le maintien de l’équipe existante afin de pouvoir poursuivre l’expérimentation. Trois courriers resteront sans réponse à ce jour.
A l’occasion d’une rencontre fortuite, le directeur de l’école demande à être reçu. Monsieur l’Inspecteur d’Académie adjoint annonce que l’Inspecteur d’Académie refuse fermement tout traitement dérogatoire dans l'attribution des postes d'enseignants.
L’équipe pédagogique qui a sollicité une inspection d’équipe afin que l’institution prenne pleinement connaissance du projet, s’est dite prête à toutes visites d’experts, à mettre tous les documents produits à la disposition de l’administration, à apporter son concours à des équipes qui souhaiteraient s’engager dans les mêmes voies et à prendre en compte les conseils éventuellement donnés. La conduite d’une telle innovation peut permettre d’apporter une contribution à la réflexion pédagogique, à la mobilisation de l’intelligence collective, à la lutte pour l’amélioration de la réussite scolaire.
Dans les jours qui viennent, le mouvement des enseignants en sera à sa première phase. Deux, voire trois collègues risquent de devoir quitter l'école. La première année d’expérimentation serait ainsi annihilée au mépris du travail effectué, de l’engagement des enseignants et de l’accord des parents. Nous avons la conviction, que repartir l'année prochaine avec de nouveaux collègues, sans bien sûr mettre en doute ni leurs compétences ni leurs qualités, au mieux, nécessiterait de repartir à zéro et compromettre cette première année d'expérience, au pire de mettre en péril le projet.
Pour les parents d'élèves que nous avons dû convaincre de la pertinence de cette expérience mais surtout pour les élèves, il nous semble incontournable d'obtenir un traitement dérogatoire aux règles habituelles du mouvement.
Il va de soi que nous réclamons bien un traitement dérogatoire exceptionnel et non pas de nouvelles règles de mutation qui se feraient sur profil. C'est la particularité de notre projet qui se traduit par une répartition des élèves inhabituelle et communément considérée comme source de difficultés qui nous semble rendre légitime notre demande; Nous sollicitons donc: le maintien des collègues qui ont initié l'expérience, ces derniers sont nommés actuellement à titre provisoire. Notre demande est sans conséquence pour la gestion d'ensemble des postes du département.
La recherche pédagogique et l’innovation se trouvent ainsi condamnées au nom d’une stricte logique comptable à courte vue.
L’équipe pédagogique en appelle au soutien de tous les enseignants, des parents d’élèves, des syndicats, des mouvements d’éducation populaire, des élus, de tous ceux qui luttent pour l’avenir de l’école et plus largement à tous ceux qui considèrent qu’en la circonstance le droit d'innover doit être reconnu et permis à tous.
Elle a obtenu le soutien de pédagogues et de spécialistes comme Pierre Frackowiak et André Ouzoulias.
Vous pouvez vous aussi apporter votre soutien à l’équipe, contribuer à la lutte pour le droit à l’innovation à l’Education Nationale, défendre notre école et soutenir notre projet en envoyant un message électronique à l’adresse suivante :: ce.0421529j@ac-lyon.fr
Soutiens nationaux
Chercheurs et personnalités
André Ouzoulias, professeur à IUFM de Versailles, Université de Cergy-Pontoise,
Département PEPSSE (Philosophie, épistémologie, psychologie, sociologie et sciences de l'éducation)
Christian Alin, professeur université Lyon
Claude Lelièvre, , historien de l'éducation, professeur à l’université Paris Descartes -CERLIS.
Jean-michel Zakhartchouk, professeur (Oise), formateur à l’IUFM de l’académie d’Amiens et membre de la rédaction des Cahiers pédagogiques
Marie thérèse Zerbato-Poudou, maître de conférence, formatrice IUFM retraitée
Hubert Montagner, docteur ès-Sciences, Professeur des Université en retraite, ancien Directeur de Recherce à l’INSERM
Jacques Fijalkow, docteur d'État en psychologie, professeur de psycholinguistique à l'université de Toulouse-le-Mirail, responsable de l'équipe universitaire de recherches en éducation et didactique (EURED) du centre de recherches en éducation, formation, innovation de Toulouse (CREFIT).
Patrick Rödel, Professeur de chaire supérieure de philosophie à la retraite, Bordeaux
Laurent Ott, formateur chercheur en travail social
Enseignants et divers
Ninon BIvès, PE, Tarn et Garonne
Valérie Hillion, PE, Pont Saint Martin, 44
Anne courbière, PE, Villeurbanne, 69
Sophie Salbot, productrice, Montreuil
Françoise Delépine, retraité de l’Education Nationale
Frédéric Coyère, Graphiste
Sylvie pralong, PE membre de l’ICEM Pédagogie Freinet, 82
Jacques Jourdanet, Inspecteur Honoraire de l’Education Nationale
Maryse Denneulin, enseignante dans le Tarn-et Garonne
Nadine Guionie, enseigante en rased, Toulouse
Paul Byache, professeur de mathématiques, Marseille
Joëlle Martin, Enseignante, Vienne 38, Membre de l'ICEM pédagogie Freinet
Trésorière Nationale
Jean-Claude Bérard, PE, cadre retraité en Gironde.
Christian Gerbelot-Legris, PE, L’isle d’Abeau (38)
Betty Boillin, enseignante SNES Seine Maritime
Régis Douchain ,Secrétaire Académique pour le 1er Degré , Sgen-CFDT Picardie
Emmanuelle GIL, enseignante, SOUILLAC (Lot-46200)
Françoise Heurtebise, rééducatrice, Mayenne
Michèle Comte, enseignante, 67
David Faveeuw, PE, Olsztyn, Pologne
Véronique Peltier, psychopédagoque, CMPP, Douai, Nord
Christophe Chartreux, collaborateur de Philippe Meirieu
Cécile Duchasténier, PE, La tour du Pin, 38
gwendoline gross, enseignante en maternelle, Bordeaux, 33
Sylvaine BELHAOUANE, parent d’élèves, Lans en Vercors, 38
Patrick Destombes, PIUMF Aquitaine
Pascale La Rosa, PE, Toulon, 83
Hugues Leenhardt, PE Calas, 13
Diane Combes, PE, Eguilles 13
Patrick Pappola, PE, Aubenas, 07
Corinne Lefort, PEMF, Marseille, 13
Anne-Marie Biancarelli, institutrice, Sarrola-Carcopino, Corse
Patrick Toro, PE Saint Girons, 09
Anne Loconte, PE, Colomiers, 31
Alain Refalo, PE, Colomiers, 31
Christian Borgetto, PE, Nailloux, 31
Roland Braun, Retraité de l’Education Nationale, Merheim, 68,
Sébastien Goyer, délégué départemental Icem, St front, 16
Véronique Decker, PE, Bobigny, 93
Soutiens départementaux
Michel Blanc, ancien CPC généraliste de notre circonscription, DDEN
René Marion, ancien CPC EPS de notre circonscription, DDEN
Laurent Coulliard, PEMF, IUFM de Saint-Etienne
Jean-Luc Vérhilac, PEMF, IUFM de Saint-Etienne, groupe 42 ICEM pédagogie Freinet
Jean Perbet, référent Loire du GFEN
Norbert Bossu, PE, Pélussin
Cécile Crozier-Friedrich, professeur des écoles, ancienne PEMF
Frédéric Aubert, formateur IUFM de Saint-Etienne
Yves Manissolle, CPC Firminy
Daniel Gros, CPC Saint-Etienne
Joël Guillot, CPC Saint-Etienne
Sylviane Cam, CPC Loire
Pascale Grande, RASED Montreynaud
Agnès Bayle, institutrice, La Talaudière, 42
SGEN, CFDT, Délégation de la Loire
SUD éducation Loire
Denis Brejon, PE secrétaire départemental du SGEN CFDT 42
Equipe pédagogique de l’école maternelle Chappe, Saint Etienne 42
Soutien de Hubert Montagner
Je vous remercie pour votre courriel du 26 mai et pour la lettre ouverte que vous adressez à l’Inspecteur d’Académie de la Loire. Je soutiens totalement votre demande de
maintien de l’équipe pédagogique qui assure un fonctionnement original de l’école maternelle Charles GOUNOD avec ses quatre classes “multi-âges”. Délibérément au
service des enfants... et de leur famille, votre initiative mérite d’être encouragée car elle est fondée sur l’émulation, les interactions et coopérations diversifiées entre des
enfants de différents âges... et dans le respect du rythme individuel de développement... qui ne se confond pas avec l’âge (ce que la hiérarchie de l’Education Nationale ne
parvient pas à reconnaître, ou même à comprendre !). Elle ouvre des perspectives nouvelles et stimulantes... pour les enfants, les familles et les maîtres eux-mêmes. Il
serait irresponsable qu’une décision bureaucratique démantèle votre équipe et gâche ainsi votre travail et votre projet. J’apporte mon soutien à votre équipe, à sa lutte pour le droit à l’innovation à l’Education Nationale, à la défense de votre école et à votre projet.
Pour votre information, je vous envoie en pièce jointe le texte que j’ai rédigé pour la FCPE en prévision de son congrès annuel, à la suite de la demande qu’elle a formulée à
son conseil scientifique dont j’ai l’honneur de faire partie (“Quelle école pour aujourd’hui et demain ? Pour quelles personnes et quelle société ? Pour quoi faire ?”). Cette
contribution pourrait en effet rejoindre vos préoccupations et engagements.
Je vous envoie aussi la lettre ouverte que je viens d’adresser à l’Inspecteur d’académie de Loire-atlantique pour contribuer à la défense de François LE MENAHEZE,
directeur d’école et maître formateur à l’IUFM et à l’Université de NANTES, même si vous n’êtes pas concernés à priori par les évaluations des enfants de CE1 et CM2. Il y
a en effet dans la première partie des éléments qui pourraient vous intéresser (une “culture de la positivité” à développer au sein de l’école).
En espérant que l’Inspecteur d’académie de la Loire vous entende et respecte le projet qu’il a validé.
Bien cordialement, Hubert Montagner
Soutien de Jean-Michel Zakhartchouk
Votre projet, le ton de votre lettre, mesuré et nuancé, votre idée de travailler de cette manière (que nous évoquons dans le numéro des cahiers pédagogiques qui va paraitre « le temps d’apprendre » qui relatera une expérience du même ordre dans le val d’oise, tout cela m’incite à soutenir votre action Jean-michel Zakhartchouk, professeur (Oise)
Soutien de Marie Thérèse zerbato-Poudou
Je viens d'être informée du problème concernant l'équipe pédagogique de l'école maternelle d'application CH. Gounod à Saint Etienne.
Compte tenu des missions dévolues à l'école publique auprès des publics en difficulté, et étant par ailleurs attentive aux actions conduites par les équipes pédagogiques pour prendre en charge ces élèves et dynamiser la profession, notamment en maternelle, je vous saurai gré de bien vouloir vous pencher avec bienveillance sur la demande de cette équipe qui participe au maintien du lien social dans la cité.
Je vous remercie pour votre attention.
Mme Zerbato-Poudou, Maître de conférences, formatrice IUFM retraitée
Soutien de Joëlle Martin, ICEM, Pédagogie Freinet
Vous recevez ce courrier car je tiens à soutenir le projet de cette équipe pédagogique qui agit ici
dans l'intérêt des enfants, de leurs familles.... Ce projet a besoin de temps et de stabilité pour pouvoir fonctionner, je vous demande donc de bien vouloir accéder à la demande de ces
enseignants.
Dans le département de l'Isère à Vienne pour ne pas le nommer, une équipe pédagogique a été nommé sur poste à profil (plus de barème) afin de "sauver" une école difficile, sur laquelle les
enseignants ne se fixent pas. Ces postes à profil sont avec un engagement de 3ans donc, cela est possible si vous le décidez. Quel est donc le but de ce refus?
Il est nécessaire de soutenir ces projets comme cela l'a d'ailleurs été fait dans d'autres régions, je cite ici l'école de Mons en Baroeul qui a mis en place un projet identique avec une équipe
nommée par dérogation et dont le travail a été suivi par une équipe de chercheurs du laboratoire THEODILE de université de Lille.
A la veille de la libéralisation de l'école et imaginant bien que l'on va dans un avenir proche mettre en place l'autonomie des établissements scolaires , cette démarche semble donc prémonitoire
et sera sans doute dans quelques années imposées aux enseignants.
J'apporte donc tout mon soutien à cette démarche ayant moi même choisi de travailler dans une école de ZEP (RAR... on ne sait plus), où je mesure chaque jour combien il est important de
travailler en équipe soudée.
Recevez mes sincères salutations et mon indéfectible soutien à une éducation populaire de qualité
Joëlle Martin
Enseignante Ecole Jean Rostand, 38200 Vienne, Membre de l'ICEM pédagogie Freinet
Trésorière Nationale
Soutien de Jacques Fijalkow
Bien que peu informé de votre expérimentation, je vous apporte bien volontiers mon soutien. Peu d'enseignants osent aujourd'hui sortir des sentiers battus pour essayer ensemble de trouver des solutions aux problèmes auxquels ils sont confrontés. C'est la raison pour laquelle, j'ai plaisir à vous encourager à persévérer.
Jacques Fijalkowdocteur d'État en psychologie, professeur de psycholinguistique à l'université de Toulouse-le-Mirail, responsable de l'équipe universitaire de recherches en éducation et didactique (EURED) du centre de recherches en éducation, formation, innovation de Toulouse (CREFIT).
Je découvre via "Tout-Educ" et l'O.Z.P les difficultés que vous rencontrez dans la mise en ?uvre de votre projet pédagogique. Je
tiens à vous apporter mon soutien car l?École de la République a un grand besoin d'enseignants qui innovent pour favoriser la réussite de tous. J'espère que votre I.A saura
laisser de côté une observation stricte du statut des professeurs des écoles et prendra le risque de contractualiser avec votre équipe malgré les oppositions qui ne doivent pas
manquer de s'exprimer.
Très cordialement,
Régis Douchain
Secrétaire Académique pour le 1er Degré
Sgen-CFDT Picardie
Cécile Duchasténier
Bonjour,
je désire être signataire de votre lettre, car je suis attachée à la liberté pédagogique, au droit d'innover, de chercher en dehors des sentiers battus ou balisés. Parce que je crois aux
bienfaits des classes multi-âges, et qu'enseignant depuis 5 années maintenant dans un cycle 3 en milieu rural, j'espère pouvoir un jour travailler dans une dimension plus élargie, celle d'une
classe unique, où les enfants pourront évoluer à leur rythme, sans être saucissonnés par année, voire par période, et malmenés par des évaluations cherchant à normer.
Vous avez tout mon soutien, et je m'engage en tant qu'enseignante résistante et militante de l'ICEM-Pédagogie Freinet à faire connaître votre lettre ouverte. A m'en faire, au titre de militante
et élue du personnel, le relais auprès des sections locales SNUipp-FSU, du syndicat national SNUipp, de la Fédération Syndicale Unitaire également afin qu'ils vous apportent leur soutien.
Merci pour votre engagement, amitiés, Ninon.
--
Ninon Bivès , enseignante, élue du personnel SNUIPP
Je soutiens de toutes mes forces ce projet innovant dont
il serait bien venu de s'inspirer au lieu de lui couper les
ailes en refusant les dérogations que demande l'équipe.
J'incite les autorités administratives à faire preuve d'audace
et à encourager les enseignants qui aiment leur métier et
qui ont des idées pour faire progresser la cause de
l'Education nationale.
Patrick RÖDEL
Professeur de chaire supérieure de philosophie
à la retraite, BORDEAUX
Je soutiens l’expérience pédagogique de l’école maternelle Gounod et demande la pérennité de l’équipe pédagogique qui a initié le projet sur les
trois années nécessaires.
Quand considèrera-t-on enfin que les enfants doivent être au centre de l’Education Nationale ? Des enseignants cherchent, innovent, s’impliquent pour offrir toute leur chance aux enfants de
cette école. Soutenons-les au moins le temps de l’aboutissement du projet. Une évaluation de leur expérience sera alors possible qui permettra d’avancer.
Merci de ne maintenir l’équipe éducative en place.
Sophie Salbot
Productrice, Montreuil
M. l'Inspecteur
d'Académie,
Par le présent courrier, je souhaite vous présenter un rapide bilan d'étapes de la mise en place de la nouvelle organisation de l'école en classe multi-âges.
Depuis la rentrée scolaire de septembre de 2010, nous avons réparti les élèves de l'école dans quatre classes rassemblant les élèves de 2 à 6 ans. Ce choix, que nous avons opéré lors de l'élaboration de notre projet d'école s'articule sur deux constats principaux
Ø Nos élèves ont de véritables difficultés à se concentrer sur un temps raisonnable pendant les activités.
Ø Une grande tension existait dans deux classes due à des relations difficiles et conflictuelles entre élèves
Ainsi, mélanger les classes d'âge présentait à notre sens de multiples avantages :
Ø passer de la concurrence à la coopération
Ø responsabiliser les élèves
Ø permettre aux plus jeunes des interactions verbales plus riches que dans une classe de toute petite section par exemple
Ø développer l'autonomie de chacun.
Tout cela devant créer une ambiance de classe plus sereine et plus propice aux apprentissages.
Dès le début du projet, nous avions l’ambition de travailler en harmonie au niveau des quatre classes de l'école, ce qui supposait l’adhésion de toute l’équipe pédagogique. Sur ce plan-là, nous avons eu de la chance : nos nouvelles collègues se sont engagées pleinement dans le projet ; ce qui n'était pas chose facile.
La dimension « travail d'équipe » après ces quelques mois de fonctionnement s'avère être une composante essentielle de notre dispositif.
Aujourd'hui, nous constatons que cette nouvelle organisation a réellement transformé le climat des classes, ce qui concrètement signifie que nos élèves sont moins dissipés et sont capables de plus de concentration dans les activités proposées. Par voie de conséquence, nous escomptons un véritable progrès au niveau de l'acquisition des compétences.
Le début d'année a nécessité de nombreuses concertations au niveau de l'équipe enseignante pour échanger au niveau de nos parti pris et pour parvenir à un consensus qui a permis d'adopter un fonctionnement cohérent pour les quatre classes. À présent, programmations, projets sont pensés collectivement, élaborés seul ou à deux et mutualisés. Si bien d'ailleurs que nous avons des classeurs communs pour archiver nos écrits professionnels.
Nous avons toutefois de nombreux points sur lesquels il est nécessaire de progresser :
Ø Dans nos classes multi-âges, il nous semble nécessaire d'élaborer un outil permettant de formaliser le niveau de compétences de chaque élève. Nous n'avons pas encore eu le temps d'une réflexion approfondie pour traiter ce point qui revêt une importance capitale.
Ø Le tutorat entre élèves que nous pratiquons quotidiennement nécessite lui aussi réflexion : comment le formaliser, comment former ces tuteurs, comment s'articulent l'aide au niveau de la vie quotidienne et l’aide au niveau des apprentissages ?
Ø Nous avons consacré une première concertation à l'élaboration d'une programmation de cycle dans le domaine de la langue. Ce chantier est pour le moment en cours, ce qui signifie qu’il reste encore beaucoup à faire.
Ø Dernier point, il serait essentiel de concevoir un outil d'évaluations permettant de mesurer l'intérêt et l’efficacité de notre dispositif.
Pour finir au niveau de notre projet, je soulignerais l’extraordinaire dynamique d'équipe qu'il a générée. C’est un impact que n'avions pas anticipé mais qui transforme profondément nos modes de travail. Nous restons bien sûr toujours, chacun responsable de notre classe mais chacun est investi d'une responsabilité collective car il a en charge l'élaboration de tel ou tel projet dont le canevas été discuté en équipe.
Cet investissement important de tous les membres de l'équipe nous a fédérés et permis de sérieusement avancer. Autant sur le plan matériel que sur le plan pédagogique toute l'équipe a donné de son temps sans compter. Il a fallu également se construire des outils communs, articuler nos modes de fonctionnement. Aujourd'hui, sur tous ces plans notre équipe est en train de franchir tous les obstacles et devient de plus en plus efficace. Cependant l'avenir de cette équipe est incertain pour au moins deux raisons : trois des cinq collègues sont nommés à titre provisoire et ne sont pas assurés de conserver leur poste. Et à cela s'ajoute la menace de la suppression d'une quatrième classe. En juin dernier, nous n'avions pas mesuré tous les bouleversements qu’entraînerait notre nouveau dispositif ni le temps de travail à y investir. Nous sommes très inquiets sur l'avenir si toutefois nous devions repartir de zéro avec de nouveaux collègues. Pour continuer à avancer, il serait excessivement important que l'équipe actuelle soit reconduite et que notre expérience commune ne soit pas annihilée.
C’est pourquoi nous demandons de conserver cette même équipe avec les classes correspondantes. De plus, afin d’avoir un regard scientifique sur notre démarche, nous souhaiterions travailler avec des experts de manière étroite dans le but d’avancer dans ce projet.
De nombreux collègues de l'école sont inspectables cette année. Peut-être qu’une inspection d'école pourrait vous permettre de valider mes propos et de prendre en compte la dimension expérimentale de notre nouveau dispositif.
Nous nous tenons à votre disposition si vous souhaitez que nous vous communiquions des éléments complémentaires.
En comptant sur votre soutien, soyez assuré M. l’inspecteur d'académie de notre engagement plein et entier au service de la réussite des élèves.
Le conseil des maîtres
Sylvie Davier
Jean-Marc Hostachy
Nadine Pradel
Ghislaine Vigouroux
Yves Scanu