Le directeur d'école Jean-Yves Le Gall le 29 janvier 2009 à Grenoble pendant la manifestation nationale.
© AFP/JEAN-PIERRE CLATOT
Opposé à la base de données informatiques "Base élèves", Jean-Yves Le Gall a été démis de ses fonctions de directeur
La décision de l'Inspection d'académie de l'Isère, une première, prendra effet le 1er septembre, sauf si le directeur de l'école primaire de
Notre-Dame-de-Vaulx rentre les données informatiques avant le 27 mars.
Il refuse d'utiliser le logiciel, car il symbolise "la mise en place d'une société de fichage généralisée dangereusement liberticide".
La décision de l'Inspection d'académie a été prise mardi 3 février pendant la commission administrative paritaire qui s'est tenue en présence de représentants
du personnel, a précisé le syndicat SNUIpp présent lors de cette commission.
Le directeur d'école, qui refuse d'enregistrer des données sur le logiciel "base élèves ", a perdu son poste de directeur mais conserve sa fonction d'instituteur, a-t-on précisé
de sources concordantes.
"Il ne s'agit pas d'une sanction mais d'une mesure administrative de retrait d'emploi", a tenu à préciser l'inspectrice d'académie Monique Lesko. Selon elle, "un directeur
d'école lorsqu'il choisit cet emploi, sait qu'il aura à mettre en place toutes les dimensions de la politique éducative (...) A partir du moment où on estime ne plus être en situation
de remplir l'ensemble de ces missions, on se retire de cet emploi."
Cette "base élèves premier degré" est un fichier de données informatiques rempli par les directeurs d'école lors de l'inscription des enfants. Il sert de logiciel d'aide à
la gestion des élèves, au suivi des parcours scolaires et au pilotage académique et national. Il est expérimenté depuis 2005 et doit être généralisé en 2009.
Selon le collectif national de résistance à "Base élèves", qui compte notamment Sud Education et la Ligue des droits de l'homme, 171 directeurs se sont déclarés opposés à remplir le
logiciel.
M.Le Gall est le premier responsable qui fait l'objet d'un retrait d'emploi après un refus d'utiliser le logiciel "base élèves", selon le collectif et le ministère de l'Education
nationale.
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